L'essentiel en 1 minute
- En cas de désaccord avec votre constructeur, procédez dans l'ordre : constatez, écrivez, puis cherchez un accord par la médiation.
- L'expertise et le tribunal viennent après.
- En CCMI, vous ne versez que le stade réellement atteint ; ne bloquez pas seul vos paiements sans conseil.
- Si le chantier s'arrête, la garantie de livraison peut jouer.
- 3 semainespour la réponse du médiateur sur la recevabilité
- 90 joursde médiation en principe, prolongeable
- 15 jourscalendaires, après la mise en demeure par le garant
- 5 000 €litiges de 5 000 € au plus : tentative amiable exigée
Dans le détail · 11 parties
Les désaccords les plus fréquents
Trois situations reviennent presque toujours :
Trois situations reviennent presque toujours :
- Une malfaçon visible (mur de travers, fissure, carrelage mal posé).
- Un retard sur la date de livraison ou sur un jalon.
- Un appel de fonds que vous jugez trop élevé pour l'avancement du chantier.
Dans chaque cas, on commence par un dossier de preuves. La suite change selon la gravité et selon que le constructeur répond ou non.
Si vous êtes en CCMI (contrat de construction de maison individuelle), des règles protègent déjà le calendrier et les paiements : les appels de fonds sont plafonnés par étape, et vous ne versez que le stade réellement atteint.
Constater le problème
Ne discutez pas sans preuve.
Ne discutez pas sans preuve. Dès que vous voyez un défaut ou un retard :
- Photographiez avec la date et l'heure, de près et de loin, avec un repère de taille (un mètre).
- Notez par écrit la date, ce que vous voyez et qui était présent.
- Écrivez à votre constructeur pour signaler le point, même par courriel, et gardez sa réponse.
- Demandez le compte rendu de la dernière visite de chantier, s'il existe (visites de chantier en CCMI).
Pour un point important, vous pouvez faire appel à un commissaire de justice (le nom actuel de l'huissier de justice). Il décrit l'état du chantier à une date donnée, et son constat a une valeur de preuve supérieure à vos photos. Il a un coût : demandez un devis avant.
Un expert indépendant (un architecte, un bureau de contrôle) peut aussi donner un avis technique écrit. Cet avis ne vaut pas expertise judiciaire.
Écrire au constructeur
Passez à la lettre recommandée avec accusé de réception dès que le sujet est sérieux ou que l'échange oral n'a rien donné.
Passez à la lettre recommandée avec accusé de réception dès que le sujet est sérieux ou que l'échange oral n'a rien donné. Votre lettre doit contenir :
- Vos coordonnées et la référence du contrat.
- Les faits, avec les dates.
- Ce que vous demandez (réparer, reprendre, corriger l'appel de fonds).
- Un délai précis pour répondre, par exemple quinze jours.
- Les pièces jointes (photos, constat).
- Une copie, que vous gardez.
La mise en demeure
Cette lettre qui somme l'autre partie d'agir dans un délai s'appelle une mise en demeure. Elle prouve que vous avez demandé et à quelle date. Elle est souvent exigée avant d'aller plus loin.
C'est aussi le conseil du guide de la CLCV et de l'ADEME. Restez factuel, sans insultes ni menaces : une lettre sobre se lira mieux plus tard par un médiateur ou un juge.
Si l'appel de fonds vous paraît trop élevé
En CCMI, chaque appel de fonds est plafonné selon le stade du chantier.
En CCMI, chaque appel de fonds est plafonné selon le stade du chantier. Comparez le montant demandé au plafond de l'étape réellement atteinte.
Si l'appel dépasse le plafond :
- Répondez par écrit, en recommandé, en citant le stade réel et le plafond.
- Demandez un appel corrigé.
- Versez en attendant ce qui est dû pour le stade atteint, si votre contrat et le conseil que vous aurez demandé le confirment.
Pour un contrat hors CCMI, relisez l'échéancier signé et comparez-le à l'avancement.
Puis-je arrêter de payer ?
Par prudence :
Ne le faites pas seul
Un paiement suspendu à tort peut donner au constructeur un motif de réclamer des intérêts, voire de rompre le contrat ou de ralentir le chantier. À l'inverse, payer ce qui n'est pas dû vous prive d'un levier.
Par prudence :
- Versez ce qui correspond au stade atteint et ce que vous ne contestez pas.
- Contestez par écrit le reste, avec vos raisons.
- Si le litige porte sur une grosse somme, consultez l'ADIL (agence départementale d'information sur le logement, gratuite) ou un avocat avant d'agir.
Ne signez jamais une attestation d'avancement ou un bon de déblocage pour que la banque paie si le stade n'est pas atteint : demandez conseil avant de signer. Si votre banque débloque vos fonds par étapes, tenez-la informée (déblocage des fonds du prêt). Regardez aussi si votre assurance habitation ou une assurance de protection juridique prend en charge les frais d'un litige.
Comment fonctionne la médiation de la consommation ?
Si l'échange écrit n'aboutit pas, la médiation est la voie la plus simple.
Si l'échange écrit n'aboutit pas, la médiation est la voie la plus simple. Selon la DGCCRF, le professionnel doit assurer à son client consommateur l'accès à un médiateur de la consommation, et lui en donner les coordonnées (code de la consommation, art. L611 à L616). Cherchez-les dans votre contrat ou sur le site du constructeur, et demandez-les par écrit si vous ne les trouvez pas.
La médiation tient en six points :
| Point | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|
| Coût | Gratuit pour vous, le professionnel supporte les frais |
| Avant de saisir | Une réclamation écrite au professionnel est nécessaire |
| Délai pour saisir | Dans l'année qui suit cette réclamation |
| Recevabilité | Réponse du médiateur sous trois semaines |
| Durée | 90 jours en principe après la recevabilité, prolongeable |
| Résultat | Une proposition de solution, que chacun peut refuser |
- Point
- Coût
- Ce qu'il faut savoir
- Gratuit pour vous, le professionnel supporte les frais
- Point
- Avant de saisir
- Ce qu'il faut savoir
- Une réclamation écrite au professionnel est nécessaire
- Point
- Délai pour saisir
- Ce qu'il faut savoir
- Dans l'année qui suit cette réclamation
- Point
- Recevabilité
- Ce qu'il faut savoir
- Réponse du médiateur sous trois semaines
- Point
- Durée
- Ce qu'il faut savoir
- 90 jours en principe après la recevabilité, prolongeable
- Point
- Résultat
- Ce qu'il faut savoir
- Une proposition de solution, que chacun peut refuser
En principe, la médiation suspend la prescription (le délai pour agir en justice) pendant qu'elle dure. Si la proposition ne vous convient pas, vous pouvez saisir le tribunal.
Avant le tribunal
Pour les litiges de 5 000 euros au plus, une tentative amiable (conciliation, médiation ou procédure participative) est en principe exigée avant le tribunal (code de procédure civile, art. 750-1, que la DGCCRF écrit L750-1). Un litige de construction dépasse souvent ce seuil.
Un conciliateur de justice, gratuit, peut aussi aider. Il se trouve par la mairie ou le tribunal.
Quand faut-il une expertise ?
Quand le désaccord porte sur la technique (une fissure est-elle grave ? qui en est responsable ?), un expert aide à trancher.
Quand le désaccord porte sur la technique (une fissure est-elle grave ? qui en est responsable ?), un expert aide à trancher.
- Expertise amiableUn expert choisi par les partiesRapideChacun accepte un expert, ou chacun mandate le sien. Elle est rapide mais ne s'impose pas à l'autre.
- Expertise judiciaireUn expert désigné par un jugePar un jugeUn juge la désigne, souvent en référé (une procédure rapide), avant tout procès sur le fond. L'expert convoque les parties et rend un rapport.
Pour l'expertise judiciaire, vous aurez en général besoin d'un avocat et d'une avance sur les frais. Son fondement habituel est l'article 145 du code de procédure civile.
Avant de lancer l'une ou l'autre, demandez à votre assureur de protection juridique s'il la prend en charge.
Après la réception, ce ne sont plus les mêmes garanties que pendant le chantier : parfait achèvement, biennale, décennale (garanties de la construction, réception des travaux).
Et si le chantier s'arrête vraiment ?
Un simple désaccord ne déclenche pas la garantie de livraison de votre CCMI.
Un simple désaccord ne déclenche pas la garantie de livraison de votre CCMI. Elle existe pour le cas où le constructeur cesse de travailler, ne répond plus, dépasse le délai ou dépose le bilan (code de la construction et de l'habitation, art. L231-6 ; service-public.gouv.fr).
Selon service-public.gouv.fr et l'INC, la procédure suit trois temps :
- Vous mettez d'abord le constructeur en demeure par lettre recommandée.
- Si rien ne change, vous contactez le garant : il met à son tour le constructeur en demeure.
- Quinze jours calendaires plus tard sans réaction, il désigne la personne qui termine la maison.
Prévenez le garant de livraison par écrit dès le premier doute sérieux. Le contrat prévoit aussi des pénalités de retard.
Quel dossier garder ?
- Le contrat, la notice descriptive et les plans signés.
- Chaque appel de fonds, la preuve de paiement et la photo du stade.
- Vos courriers et courriels, avec les accusés de réception.
- Les photos datées et les constats.
- Les attestations de garantie et d'assurance.
Limites de ce guide
Le texte en vigueur de l'article 750-1 du code de procédure civile, dont la règle a déjà changé, et celui de l'article 145, fondement habituel de l'expertise judiciaire, se relisent avec votre avocat.
Le texte en vigueur de l'article 750-1 du code de procédure civile, dont la règle a déjà changé, et celui de l'article 145, fondement habituel de l'expertise judiciaire, se relisent avec votre avocat. Les dates de suspension de la prescription pendant la médiation se font confirmer par un avocat ou l'ADIL. La procédure de mise en jeu de la garantie de livraison se lit dans votre attestation de garantie.
Comment Pilars peut-il aider ?
Pilars permet de comparer un appel de fonds de votre contrat au plafond de l'étape, et de suivre la frise des jalons et des délais.
Pilars permet de comparer un appel de fonds de votre contrat au plafond de l'étape, et de suivre la frise des jalons et des délais. Ces repères datés complètent votre dossier de preuves. Votre contrat fait foi. Le parcours est sur l'accueil, à l'étape « L'argent ».
Cette page est une information générale, pas un conseil juridique. Les textes et les seuils évoluent : vérifiez-les sur Légifrance et auprès d'un avocat ou de l'ADIL avant d'agir.
Questions fréquentes
Mon constructeur a du retard : puis-je arrêter de payer ?
Ne le décidez pas seul. Ne versez que ce que le stade atteint justifie et contestez par écrit tout appel qui dépasse le plafond de l'étape. Un blocage général peut se retourner contre vous : demandez conseil à l'ADIL ou à un avocat.
Faut-il un huissier pour constater une malfaçon ?
Non, pas toujours. Des photos datées et un courrier suffisent pour commencer. Un constat de commissaire de justice (le nouveau nom de l'huissier) donne une preuve plus solide, surtout si le litige monte en justice.
Le constructeur doit-il m'indiquer un médiateur ?
Oui, en principe : un professionnel doit assurer à son client consommateur l'accès à un médiateur de la consommation et lui donner ses coordonnées (code de la consommation, art. L611 à L616). Cherchez-les dans votre contrat. La médiation est gratuite pour vous.
Combien de temps dure une médiation ?
Le médiateur statue sur la recevabilité sous trois semaines, puis la médiation ne devrait pas dépasser 90 jours, avec prolongation possible. Sa proposition ne vous oblige pas : vous restez libre de saisir le tribunal.
La garantie de livraison joue-t-elle en cas de simple désaccord ?
Pas pour un simple désaccord. Elle peut jouer si le délai n'est pas tenu ou si les travaux ne sont pas exécutés ou mal exécutés, après mise en demeure du constructeur. Un désaccord sur une malfaçon relève d'abord du dialogue, de la médiation ou de l'expertise.
Sources (4)
Textes consultés à la date indiquée. Ce guide informe ; il ne remplace ni votre contrat, ni l'avis d'un professionnel.
- 1.La médiation de la consommation : ce que vous devez savoirDGCCRF, ministère de l'Économie · consulté le 24 octobre 2026
- 2.Guide pratique : résoudre un litige de travaux dans le logementCLCV, avec l'ADEME · consulté le 24 octobre 2026
- 3.Garantie de livraison d'une maison individuelleservice-public.gouv.fr · consulté le 24 octobre 2026
- 4.Code de la construction et de l'habitation, art. L231-6 (garantie de livraison)Légifrance · consulté le 24 octobre 2026
Par l'équipe Pilars · publié le 24 octobre 2026 · mis à jour le 24 octobre 2026
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